Solidarité avec les travailleuses agricoles tunisiennes
Solidarité avec les travailleuses agricoles tunisiennes
10 octobre 2020

Huile sur toile
36" x 30" (91cm x 76cm)
Collection : privée

Je tiens à exprimer ma sincère solidarité envers les travailleuses agricoles tunisiennes qui ne bénéficient d’aucune couverture sociale ni d’assurance, et qui ont très peu de droits sociaux et économiques. De plus, elles font face tous les jours aux dangers du transport anarchique sans aucune norme de sécurité, surnommé : « les camions de la mort ». D'ailleurs, ces dernières années plusieurs accidents de transport ont touché ces travailleuses dont 40 femmes sont mortes et 541 ont été blessées. Je suis encore profondément ému par ces accidents tragiques.

Il importe de rappeler que le 16 mai 2019 une nouvelle loi sur le transport des travailleurs agricoles a été adoptée par la commission de l'agriculture, de la sécurité alimentaire et du commerce à l’ARP. « cette initiative vise à mettre fin au transport anarchique qui est à l’origine de la multiplication des accidents de la route et mettre à la disposition des ouvrières en milieu rural des moyens de transport confortables et sûrs qui garantit leur droit et leur prévention des risques.». Malheureusement, selon des associations qui défendent les travailleuses agricoles, après une année, cette loi n'est pas en vigueur. Et même si un jour elle sera mise en vigueur, le calvaire des travailleuses agricoles ne sera pas terminé, tant qu'elles ne sont pas payer avec un salaire équitable pour des horaires de travail souples afin de vivre dignement. Pour vous donner une idée sur la triste réalité d'une ouvrière agricole, elle gagne environ 16 dinars tunisiens par jour ( environ 5 euros par jour ). C'est un salaire de misère, et elle a le droit seulement à une journée de repos par semaine. Pendant ce temps, les exploiteurs sans scrupules continuent de se remplir les poches sur le dos de ces travailleuses surexploitées. Quant aux députés, ils reçoivent un salaire exorbitant dont certains ne font rien de concret pour le peuple, sans oublier que d'autres ont transformé le parlement en lieu de confrontations inutiles. À titre de comparaison, un député, voleur et menteur, touche environ 3300 dinars tunisiens par mois, tandis qu'une travailleuse agricole, honnête et sincère, touche environ 380 dinars tunisiens par mois. Oh, quelle injustice flagrante !

Lorsque l'on sait que les femmes ouvrières représentent près de 80% de la main d’œuvre du secteur agricole et exercent souvent un travail très dur, leur prenant parfois toute leur journée. En plus, elles jouent un rôle déterminant dans le développement du pays. Sans oublier qu'elles aussi étaient en première ligne lors de la pandémie. Et malgré toutes les difficultés et les problèmes, elles demeurent debout en espérant un avenir meilleur. Vraiment, elles méritent grandement un meilleur sort, ainsi que notre respect et soutien.

Je suis totalement indigné face aux injustices que subissent ces travailleuses agricoles, et je reste toujours solidaire avec elles.

Par Abdelhamid Hanafi

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Source : tuniscope.com, realites.com.tn, flehetna.com/fr, businessnews.com.tn. ______________________________________________________________________________

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