Tunisie - Révolution Tunisienne
Humour politique en Tunisie par Hanafi

Témoignage de l'artiste Hanafi sur la
Révolution Tunisienne
Mohamed Bouazizi
À la mémoire de Mohamed Bouazizi,
le principal héros de la Révolution Tunisienne

Oeuvre de l'artiste Hanafi


Révolution Tunisienne (1)

Révolution Tunisienne (1)
Source de la photo : Le Monde.fr


Révolution Tunisienne (2)

Révolution Tunisienne (2)
Source de la photo : ParisMatch.com


Révolution Tunisienne (3)

Révolution Tunisienne (3)
Source de la photo : WorldNews


Révolution Tunisienne (4)

Révolution Tunisienne (4)
Source de la photo : Libération.fr


Révolution Tunisienne (5)

Révolution Tunisienne (5)
Source de la photo : ParisMatch.com


Révolution Tunisienne (6)
Révolution Tunisienne (6)
Source de la photo : WorldNews


Révolution Tunisienne (7)
Révolution Tunisienne (7)
Source de la photo : Le Monde.fr


Révolution Tunisienne (8)
Révolution Tunisienne (8)
Source de la photo : Le Monde.fr


Révolution Tunisienne (10)
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Révolution Tunisienne (11)
Révolution Tunisienne (10)
Source de la photo : Examiner.com


Révolution Tunisienne (12)
Révolution Tunisienne (11)
Source de la photo : Examiner.com


Révolution Tunisienne (13)
Révolution Tunisienne (12)
Source de la photo : Le Monde.fr

Humour politique en Tunisie par Hanafi

Lorsque j'étais dans le ventre de ma mère, j'ai déjà souffert pour la liberté de ma Tunisie bien aimée. En effet, lorsque ma mère était enceinte de moi, elle rendait très régulièrement visite à mon père, un ancien militant non-violent pour l'indépendance de la Tunisie, emprisonné et torturé à quelques reprises par les forces de l'occupation française. Et même durant mon enfance, mon père a été emprisonné et torturé de nouveau, et comme j'accompagnais tout le temps ma mère, plus elle souffre, plus je partage ses souffrances sans comprendre la triste réalité. Plus tard, lorsque j'ai commencé à comprendre, ma mère me racontait ceci : «Plus ton père refusait de collaborer avec les forces d'occupation et il tenait absolument à ne pas trahir ses amis militants, plus il est sévèrement torturé. Et plus encore, il était même prêt à mourir sous la torture pour son pays, et il n'est pas question de trahir ses amis...». En tant qu'adulte, j'ai appris beaucoup de choses sur lui et sur ses nobles principes par l'intermédiaire des proches et d'amis de la famille. Pour tout dire, il était un homme de confiance, intègre et sincère. Il militait pacifiquement pour l'indépendance, la démocratie et la dignité du peuple tunisien. Voilà pourquoi, il était mon idole ! Et, pourtant, il était parmi ces nombreux vrais militants tunisiens honnêtes qui ont été totalement oublié par le régime Bourguiba et par le régime Ben Ali.

Durant la période du règne du dictateur Ben Ali, chaque fois que je racontais l'histoire de mon père et ses amis militants à des jeunes tunisiens pour connaître leur point de vue, la majorité me disaient que de nos jours, il est extrêmement rare de trouver des gens aussi courageux comme dans le passé ! Eh bien, ils se sont trompés sur toute la ligne, puisque la récente révolution tunisienne a démontré que bel et bien il existe des milliers de tunisiens qui sont prêts à sacrifier leur vie pour la liberté, la démocratie et la dignité. Et ce qui est encore plus impressionnant, c'est la jeunesse qui a joué un rôle de premier plan et a démontré que la relève existe et va se perpétuer. Bien sûr, il ne faut jamais oublier les dizaines de martyrs partout en Tunisie qui ont sacrifié leur vie pour la noble cause, et en particulier, Mohamed Bouazizi, le vendeur ambulant qui s'est immolé par le feu et sans le savoir, il a devenu le déclencheur de la révolte tunisienne. D'une façon générale, il faut rendre hommage à toutes celles et tous ceux qui ont bravé la mort pour chasser le dictateur, notamment, les jeunes internautes (surtout les Facebookeurs), les avocats, les syndicalistes, les enseignants, les étudiants, les militants des droits de l'homme, les opposants, les paysans, les chômeurs et une partie de journalistes. Mon admiration va également à notre Armée Républicaine qui a refusé à faire tirer sur la foule. Sans oublier d'autres héros et qui, par mégarde, j'aurais passé sous silence, et que j'espère leur acte héroïque sera gravé dans l'histoire de la Tunisie, et ne seront jamais injustement oubliés. Ce qui est magnifique à constater durant cet événement majeur, c'est que la grande majorité des tunisiens veulent être associés à la réussite de cette révolution et sont très fiers d'être tunisiens et de défendre une noble cause.

Ô combien j'aurais aimé être là, en première ligne, sur Avenue Bourguiba devant le ministère de l'intérieur, avant la fuite de Ben Ali, pour crier ma colère contre les massacres des civils et scander Ben Ali DÉGAGE... Ô combien j'aurais voulu que le temps s'arrête pour savourer le plus longtemps possible la victoire du peuple sur le dictateur, et exprimer mon affection et mon admiration pour mes compatriotes. J'ai déjà vécu l'immense joie de l'indépendance de la Tunisie et la libération de Bizerte, même que j'étais encore un petit enfant, mais cette victoire sur le dictateur Ben Ali, elle m'a permis de sentir un bonheur total, et à mon avis, elle est la victoire la plus importance dans ma vie. C'est parce qu'elle va permettre aux tunisiens de vivre vraiment libres, de réaliser une vraie démocratie et s'épanouir dans la dignité. Même qu'on est encore en pleine révolution et que le chemin sera long pour concrétiser ces nobles souhaits , j'ai entièrement confiance à mes compatriotes pour un avenir meilleur. D'ailleurs, la Tunisie dans son histoire a réalisé plusieurs premières dans le monde arabe et qui ont été couronnées de succès. En voici un rappel : première constitution; naissance du mouvement réformiste, accès des femmes à un statut inédit dans le monde arabe; premier droits de vote pour les femmes et bien d'autres.

Pour ceux qui ne savaient pas, j'étais parmi ces nombreux tunisiens victimes du système Ben Ali, et qui ont souffert durant des années en militant silencieusement pour la vraie démocratie. Ce n'est pas parce qu'on ne fait pas trop de bruit qu'on n'est pas un militant pour des valeurs nobles ! car il existe mille et une façons de militer pour la liberté, la démocratie et la dignité. Si j'ai parlé au début de cet article que j'ai déjà souffert pour la liberté de ma Tunisie bien aimée dans le ventre de ma mère, c'est pour démontrer que cette ancienne expérience m'a permis de mieux militer contre toutes sortes d'injustices. Donc, en tant qu'enfant, j'ai souffert pour la liberté de mon pays et en tant qu'adulte j'ai souffert pour la démocratie dans mon pays surtout durant le règne de Ben Ali, et je suis toujours prêt, s'il le faut, à souffrir le restant de ma vie pour défendre la dignité de mes compatriotes. Voici donc, quelques exemples de mon militantisme silencieux contre le régime Ben Ali :

En 1994, les autorités tunisiennes m'ont invité à Tunis, officiellement à titre d'hommage pour la réussite de ma carrière artistique en occident. Mais je ne suis pas dupe de comprendre très rapidement que c'était aussi de se servir de ma réputation et de ma crédibilité pour faire la publicité au régime. Un haut responsable a osé même me demander de faire une série de tableaux sur le président Zine El Abidine Ben Ali. Ma réponse était immédiate : «je ne peindrai jamais un dictateur quelle que soit la somme proposée. Par contre, peindre un vrai démocrate, ou mon peuple, ou ma Tunisie bien aimée, je le ferai avec bonheur». Un petit souvenir similaire, lorsque j'ai vécu en Suède avant de m'installer au Canada, un haut responsable de l'ambassade de la Libye à Stockholm, m'a fait une commande de tableau sur Kadhafi (le meilleur ami dictateur de Ben Ali) avec une grosse somme d'argent. Ma réponse était express : «même si vous me paierez avec toute la fortune de la Libye, je ne le ferai jamais !». Et pour terminer avec le dictateur sanguinaire Kadhafi, j'ai un petit message à lui adresser à propos de son soutien bidon à Ben Ali et ses déclarations méprisantes envers la révolution tunisienne : «Sachez que la dignité du peuple tunisien ne s'achète pas avec votre argent. La caravane de la démocratie tunisienne passe et le chien de la Libye aboie».

En 1996, j'ai fondé l'Alliance Canada-Tunisie, une association sans but lucratif dont l'objectif est de promouvoir l'échange, le partenariat et l'amitié entre les peuples du Canada, du Québec et de la Tunisie. L'Alliance a œuvré avec sérieux dans ses quatre principales activités : Culturelles ; Économiques ; Sociales et Académiques. Pour vous donner une idée sur les activités réalisées par l'Alliance pour seulement les deux premières années de son existence malgré un budget limité : 129 activités ont été réalisées dont 36 culturelles, 39 économiques, 31 sociales et 23 académiques. Puis en 1997, j'ai fondé «Sans Frontières», une revue indépendante sans but lucratif, au service des affaires, des sciences, des arts, de l'enseignement et de la société. Elle favorise le rapprochement interculturel et encourage la mondialisation au service de l'humanité et non l'inverse. Elle appuie également, la lutte contre le racisme, le sexisme et l'intégrisme de toute sorte, promouvoir la paix, la liberté, la démocratie et la tolérance, et sensibiliser pour les bonnes causes. La revue «Sans Frontières» a été tirée jusqu'à 20 000 exemplaires et vendue à plus de 80%.

Au démarrage de l'Alliance et de la revue «Sans Frontières», nous avons reçu l'appui moral et financier du consul et de l'ambassadeur de Tunisie au Canada sans aucune ingérence politique dans nos activités. C'est à partir du moment que ces diplomates ont été remplacés que ça commençait à sentir la pourriture du régime Ben Ali et de son parti le RCD (Rassemblement constitutionnel démocratique). Et pire encore, lorsque je me suis rendu en Tunisie pour présenter des dossiers de projets d'hommes d'affaires canadiens pour des investissements importants, c'est là, que j'ai senti l'odeur nauséabonde de la famille Trabelsi. En voici quelques détails : commençant d'abord avec l'histoire du diplomate tunisien qui a travaillé comme ministre chez Ben Ali. Durant une conversation, il s'est vanté d'avoir rendu la vie dur aux militants tunisiens des droits de l'homme. À ce moment là, j'ai lui signifié mon désaccord et je l'ai informé que je suis un vrai démocrate et en plus, j'ai dans le comité exécutif de l'Alliance et dans l'équipe de la revue «Sans Frontières», un responsable tunisien qui est un membre actif de la Ligue des droits et libertés à Montréal et un journaliste tunisien opposant au régime Ben Ali. Ce honteux diplomate a rougit comme une tomate et m'a dit que je vais avoir beaucoup de problème en Tunisie ! Une semaine plus tard, il m'a informé qu'il a reçu l'ordre de Tunis pour me demander d'exclure les deux opposants tunisiens de l'Alliance et de la revue «Sans Frontières», et en plus, de placer un publi-reportage élogieux à Ben Ali et à son parti le RCD, sinon, il n'y aura plus aucune collaboration avec les autorités tunisiennes et aucune annonce ne sera placée dans notre revue. Ma réponse était catégorique : «je n'accepterai jamais de chantage ou de marchandage sur nos activités, et je préfère cesser les activités de notre association et de notre revue que d'être à la solde du régime de Ben Ali et de son parti». Après un certain temps, malgré que j'ai cessé les activités de notre association et de notre revue à cause de la politique pourri du régime Ben Ali, un autre diplomate tunisien, lèche botte et au service du RCD, m'a demandé d'écrire aux courriers des lecteurs de différents journaux canadiens pour défendre la politique de répression du régime tunisien contre des opposants tunisiens. Là, là, j'ai pensé que je fais un cauchemar ! Comment a-t-il le culot de faire une telle demande ! Et dans une telle situation, je ne mâche pas mes mots. Premièrement, je ne défendrai jamais un régime répressif et, deuxièmement, même si vous trouverez une autre personne pour vous rendre ce genre de service, les médias canadiens ne sont pas dupes ou des imbéciles pour croire à une propagande insultante pour la démocratie... Fin de la conversation !

Quant à l'odeur nauséabonde de la famille Trabelsi, c'est durant un voyage en Tunisie que j'ai financé personnellement pour les intérêts de mon pays d'origine et pour le Canada aussi. J'ai rencontré différents responsables dans le domaine des investissements des étrangers en Tunisie, ainsi que des responsables politiques avec des dossiers solides d'hommes d'affaires canadiens qui sont très sérieux pour investir en Tunisie. (je garde encore des preuves comme souvenir). Parmi ceux qui sont bien placés en Tunisie m'ont dit ceci : «Pour les grands projets, si vous ne passez pas par l'intermédiaire du clan Ben Ali, vous perdrez votre temps et votre argent pour rien». Sans hésiter, j'ai refusé carrément cette solution de corruption et j'ai préféré rentré bredouille au Canada que de faire affaires avec une vraie mafia ! Quant aux petits projets, voici ce qu'un politicien que je connais très bien m'a conseillé : «Je vous ferai la carte de membre au RCD, ce qui va vous faciliter les contacts pour la réalisation de vos projets, et en plus, il est fort possible après six mois en tant que membre dans notre parti, vous serez nommé pour un poste de responsabilité au sein d'un organisme gouvernemental...». Non, non, merci ! je ne veux pas ni être membre du RCD, ni avoir ses privilèges, ni travailler pour Ben Ali et ni travailler pour la famille Trabelsi. Même s'ils me payent une fortune, je ne peux pas travailler pour eux, car je ne peux pas manquer à mes principes et je ne peux pas trahir mes compatriotes non plus. Vous me comprendrez maintenant mieux, pourquoi j'ai commencé ce témoignage par l'histoire de mon père.

Durant l'écriture de ce témoignage, les images de la révolte tunisienne défilaient sans fin dans ma tête, comme je regarde pour la énième fois le meilleur film de ma vie. Je voyais encore des visages de manifestants courageux et déterminés, ainsi que des personnes adorables, connus et pas connus, paradaient dans toutes sortes d'émissions à la télé pour commenter ou témoigner sur les événements en Tunisie. Je ne voulais rater aucune information qu'elle soit diffusée à la télé ou sur Internet, avec le regret de ne pas être au feu de l'action avec mes chers compatriotes.

Force est de constater que tous les gens que j'ai rencontrés, de toutes sortes de nationalité, m'ont félicité pour le courage et la victoire du peuple tunisien sur le dictateur Ben Ali. Je voudrais également être reconnaissant envers tous les médias étrangers et en particulier occidentaux qui ont réalisé une couverture très professionnelle, qui m'a permise de suivre l'événement comme que je suis sur place.

Je vous remercie toutes et tous très chaleureusement de m'avoir permis de vivre des moments magiques et mémorables ! Vive la liberté et la démocratie en Tunisie et partout dans le monde.

AbdelHamid HANAFI
Artiste et ingénieur

Anciennes activités :
- Président-fondateur d'Alliance Canada-Tunisie (Canada)
- Président-éditeur et directeur général de la revue «Sans Frontières» (Canada)
- Fondateur et directeur de la troupe tunisienne «Sidi El Mansour» (Suède)
- Directeur du Club Culturel des Jeunes (Tunisie)

Contact par E-mail : hanafi44@hotmail.com


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